"Connais-toi toi-même pour connaître ton orientation"

Jeune, maman, étudiante, et alors !

23 mai 2018

 À  travers, sa rubrique Be You, THINK GREATER a pour vocation de valoriser chaque personne qui choisit de s’aimer et s’assumer.  Maman d’une petite fille de 3 ans Kimia, une jeune étudiante de 21 ans nous raconte son histoire.

 #Si tu devais te définir en un mot, ce serait lequel, et pourquoi ?

Le mot qui me définirait le mieux serait sans doute « persévérance ». C’est vrai que comme tout le monde, j’ai d’énormes baisses de moral. J’ai traversé beaucoup de périodes difficiles surtout depuis que je suis jeune maman. Mais, ces périodes ne durent jamais longtemps car je finis toujours par rebondir.

#Et si tu nous en disais plus sur ton parcours ?

Je suis tombée enceinte à 17  ans lorsque j’étais en terminale, l’année où  je devais passer mon diplôme. Je vivais encore au Congo Brazzaville, pays dont je suis originaire, lorsque cela s’est passé. J’étais dans un internat où je poursuivais encore ma scolarité depuis déjà 3 ans. Mais, quand le directeur a appris que j’étais enceinte non seulement, il m’a renvoyé et malheureusement j’ai dû stopper mes études.  J’ai donc arrêté l’école le temps que j’accouche et que ma fille grandisse un peu. Mai 2015, ma fille atteint sa première année et de là je décide de reprendre mes études. Bac en poche en 2016 et actuellement, je suis en première année d’Administration échange internationaux à l’UPEC de Créteil.

#Un bébé à 21 ans, certains diront que c’est un handicap pour la poursuite des études, pourquoi avoir continué ?

C’est vraiment parce que je suis persévérante comme je le disais au début. J’ai pu, grâce à cela, me forcer à continuer mes études. C’est vrai que j’avais peur d’avoir du mal à concilier ma vie de maman à celle d’une étudiante lambda. Je mène un peu une double vie. Une fois que j’ai récupéré ma fille à la crèche, la course commence !  Je m’occupe d’elle jusqu’à ce qu’elle s’endorme et de là je m’empresse d’aller réviser, préparer les fiches et les tests pour le lendemain !  Ce n’est pas toujours facile, mais j’essaie au mieux parce qu’encore une fois, je suis persévérante et je n’ai vraiment pas envie de me décevoir et surtout ma fille. Je rêve qu’elle puisse un jour s’inspirer de moi, de mon parcours et qu’elle voit que malgré que j’ai été une jeune maman, j’ai su gérer la situation et m’en sortir. Je veux être son modèle. Je refuse qu’elle pense que sa naissance ait tout déstabilisé dans ma vie parce qu’au contraire elle m’a motivé à être la meilleure version de moi-même. Mon objectif ? Valider mes trois années de licence et si j’aime vraiment ce que je fais je n’hésiterais pas à poursuivre mon cursus jusqu’au Master pour décrocher un Master en ressources humaines.

#As-tu déjà été animé par un sentiment de culpabilité lorsque tu révisais au lieu d’être avec ta fille ? Et si oui, comment as-tu fait pour gérer cela ?

Pas plus tard que l’année dernière, j’ai fait une grosse dépression parce que j’avais du mal à concilier ma vie de maman et ma vie d’étudiante et cela a vraiment déteint sur moi.
J’étais dans une période de grand questionnement. Je me demandais si cela valait réellement la peine de continuer mes études ! À  force de passer la journée le nez dans les cahiers, sans oublier les partiels, je commençais vraiment à être sous pression. Entre révisions et partiels, je passais moins de temps avec ma fille ! Je ne jouais ni, dialoguais réellement avec elle, sachant que le dialogue est quelque chose de très essentiel pour le développement de la parole chez un enfant. J’avais l’impression de manquer à mon devoir de mère. Un terrible manquement, car ma fille ne parlait pas et ne faisait que pleurer ! Ce sont d’ailleurs mes proches qui m’ont fait la remarque, » si tu veux que ta fille parle, il est important que tu lui apprennes à parler. Consacre lui du temps ! » Mère parfaite, que j’ai envie d’être j’ai pris les choses en main en m’investissant davantage dans mon rôle de jeune maman !

#Comment as-tu trouvé ton rythme ?

C’était très dur.  Il faut savoir que dans ma fac, mon emploi du temps était déjà prédéfini. Changer de TD en fonction des horaires d’ouverture et de fermeture de la crèche sans raison valable est assez complexe. Cet emploi du temps ne concordait pas à celui de la crèche de ma fille. C’était souvent la course contre -la-montre. À  noter que je ne suis pas très matinale. J’ai des soirées très chargées avec la petite. Je m’occupe d’elle le soir et je travaille juste après.

#Qu’est-ce qui t’as motivé à poursuivre tes études ?

Mon envie d’indépendance. C’est peut-être super égoïste mais c’est l’envie de dépendre de personne, ni de mes parents ni de qui que ce soit. J’ai vraiment envie d’avoir mes propres accomplissements, mes propres diplômes pour pouvoir faire en sorte que ma fille ne manque de rien. Je ne pourrais y parvenir sans me donner les moyens ! Je refuse de me reposer sur mes lauriers. Aujourd’hui, j’ai 21 ans et je suis étudiante certes mais j’ai mon appartement et je vis seule. Certes, j’ai des aides mais j’aspire à mieux.. On peut-être jeune maman et avoir des objectifs, il n’y a rien qui nous en empêche !

#Pourquoi avoir commencé YouTube sachant que cela demande énormément de temps ? Et quel message aimerais-tu véhiculer sur ta chaîne ?

Sur  Twitter j’ai pas mal de followers et souvent mes tweets sont caractérisés de « virulents ». De plus, certaines mamans dans ma situation me demandent beaucoup de conseils. YouTube me donne alors l’occasion de toucher un nombre plus large de personnes en donner mon point de vue tout en offrant aux autres l’occasion de mieux me connaître. De plus, cette plateforme me permettrait d’aborder plusieurs problématiques. D’ailleurs le thème de ma prochaine vidéo portera sur les jeunes mamans. Il faut savoir qu’en tant que jeune maman, on mène déjà une vie assez difficile, mais l’un des fléaux de cette société est sans doute la stigmatisation envers toutes les minorités et aussi envers les jeunes mamans.

#Et que voudrais-tu dire aux autres mamans dans la même situation que toi ?

Peu importe le choix que ces jeunes mamans ont fait, un conseil : soyez persévérantes, motivées, déterminées et surtout ne baissez jamais les bras. Keep going ! Soyez fières de qui vous êtes qu’importe ce que l’on dit ! Ne te sous-estime, si je peux m’en sortir tu peux aussi. Assume ta différence !

Madi

#DEVELOPPEMENTPERSONNEL #ART #FOOD

« Un trésor reste inestimable même s’il n’est pas encore découvert et valorisé. Ayez confiance en vous, vous êtes inestimable ». Maître Zen

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